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Dans la série des reportages de Red’Active : à la découverte du domaine viticole du Château de la Bégude à Rousset.

Dans la famille depuis 1897 – depuis son acquisition par Marius Rey (l’arrière-arrière grand-père de la famille, auquel est dédiée une cuvée –, le Domaine du Château de la Bégude, avec ses 32 hectares de vignes, est actuellement conjointement géré par Jacques Lefebvre et son fils Didier, ancien avocat au barreau de Paris, revenu à ses racines voici trois ans pour assurer la relève de ce domaine qui passe de génération en génération depuis plus d’un siècle.

Après avoir passé toute son enfance dans les vignes, caves et, plus globalement à l’assistance de son père dans la gestion du domaine entre 1993 et 2003, et après avoir passé une dizaine d’années à Paris, ayant finalement compris qu’il était décidément « plus rural que citadin » Didier a donc souhaité retrouver ses racines et les charmes du domaine familial pour y apporter sa touche, sa jeunesse et le développer plus encore que ne l’avait déjà très bien fait ses prédécesseurs. Conscient des responsabilités qui l’attendaient et du sérieux de la tâche qui lui incombe désormais, Didier a commencé par se former auprès de Philippe Pouchin, vigneron émérite et ex-directeur technique du domaine de Château-Bas à Vernègues, conduit en agriculture biologique, auprès duquel il confie avoir passé des moments inoubliables et ô combien enrichissants.

Depuis 2013, le domaine du Château de la Bégude bénéficie lui aussi officiellement du label de l’agriculture biologique, fondamental aux yeux de Jacques et Didier. « Une culture bio, cela signifie avant tout que les exploitants n’utilisent aucun produit chimique de synthèse pour protéger leurs terres et qu’ils interviennent mécaniquement et non chimiquement, aussi bien sur le travail du sol que sur celui de la vigne. Ils ne recourent alors qu’à des engrais de type organiques comme différents fumiers auxquels ils n’adjuvent que le minimum requis en matière de soufre et de cuivre, nécessaire à la protection de leurs vignobles contre certaines maladies. Leur procédé de vinification ne requiert ensuite que très peu de sulfites ». Mais Didier insiste sur le fait que leur culture ne doit pas non plus être confondue avec celle du « vin nature » qui ne requiert, lui, aucune filtration. Et en effet, si la Provence est particulièrement connue pour ses rosés, la spécialité du Château de la Bégude reste bien le rouge, qui plus est, à la méthode bourguignonne, ce qui est tout à fait atypique dans la Région. C’est aussi ce qui fait la particularité de ses vins par rapport aux nombreux domaines environnants. « Nous vendangeons en grappes entières, légèrement foulées, et vinifions dans de vieux foudres de chêne ouverts verticalement. La phase de macération est ensuite de courte durée (6 à 7 jours), agrémentée de remontages, puis un élevage d’environ 15 mois se pratique en vieux foudres de chêne ». Jacques et Didier obtiennent ainsi des vins rouges de garde fins et délicats dont le plus vieux encore disponible à la vente (3 bouteilles uniquement), date de 1994 : « Lorsque l’on boit un vin vieux, c’est un morceau d’histoire que nous partageons, et il faut y mettre toute la solennité requise. Si mon père ouvre plus facilement ce type de bouteille, je les réserve, moi, à des occasions vraiment exceptionnelles ».

Riche de nombreux partenariat, le Château de la Bégude propose ses vins à la vente directe au domaine, mais il agrémente également de belles tables régionales comme l’Auberge provençale de Meyreuil, la Brasserie La Fontaine à Châteauneuf le Rouge ou le Gambetta à Aix-en-Provence. En revanche, vous ne le trouverez pas en grande surface.

Le challenge de Didier, est d’ouvrir le domaine à différentes manifestations pour le faire vivre de manière aussi dynamique qu’à ses origines. Après avoir créé sur place une salle de conférence destinée à accueillir des repas de Noël, afterworks et autres festivités liées au monde de l’entreprise, Didier ambitionne résolument de tourner son domaine vers le tourisme. En janvier 2019, le Château de la Bégude était donc présent au salon professionnel Millésime bio à Montpellier, il est convié à Trets à l’occasion du Salon de la gastronomie, ainsi qu’au Rallye « Découverte des vins de la Sainte Victoire ». Enfin, en avril 2018, le domaine a mis une partie de son terrain à la disposition d’une compagnie d’hélicoptère laquelle proposait ainsi des baptêmes au-dessus de la Sainte-Victoire et au cours desquels les visiteurs ont pu découvrir et déguster les vins du Château de la Bégude. Didier propose également régulièrement des ateliers de visites des caves et dégustations sur des séances de 30 ou 45 minutes au cours desquels il explique à ses visiteurs les secrets de la dégustation de ses vins.

Dans l’attente du millésime 2018, la particularité des blancs et rosés du millésime 2017 repose sur les vendanges nocturnes que Didier préconise de manière à ce que la luminosité et la chaleur ne viennent pas gâter les baies au moment de la récolte, les préservant du risque d’oxydation, et sur la vinification par un léger pressurage direct. Le rosé millésimé, plus clair que les années précédentes eu égard aux deux techniques susnommées, revêt ainsi des arômes d’agrumes avec une bonne persistance en bouche. Quant au blanc, il dégage des arômes de pêche en finale. La cuvée classique en rouge a été baptisée « Dame de Pierre » en hommage à la Sainte Victoire sur laquelle le domaine a une vue imprenable. Son cœur de gamme a été baptisé la cuvée du Château, et le haut de gamme, Rey, en hommage à l’arrière-arrière-grand-père de Didier…

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