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La mort des petits éditeurs?

Red’Active était présente, le week-end dernier, en tant qu’exposante, sur son premier salon du livre : le Salon du Livre et du Chocolat à Sainte-Marie La Mer. Un salon formidable, peuplé d’auteurs, d’éditeurs et de lecteurs tous plus adorables les uns que les autres. Des organisateurs souriants et prévenants, une très bonne fréquentation, et des livres et du chocolat à foison ! Une très belle expérience.

Mais quelle déconvenue quant à la perception du métier d’éditeur ! Des auteurs autopubliés à 90 %, à 95 % déçus de leurs expériences éditoriales : « Mon éditeur est un éditeur à compte d’éditeur, pourtant, il m’a contraint, contractuellement, à acheter la moitié de mon stock pour l’écouler moi-même » ou bien « j’ai payé la moitié des frais d’impression », ou encore « il ne me règle pas mes droits d’auteur » et, pour finir « je ne vends que lorsque je vais présenter moi-même mes ouvrages sur un salon ou dans une librairie ». Le résultat : le métier de petit éditeur est en train de mourir. Et pour cause ! Soit on a les reins suffisamment solides, du bagou à revendre et du temps à n’en plus finir pour prendre ses livres sous le bras et démarcher toutes les librairies de France et de Navarre, et l’on peut donner à nos auteurs la visibilité qu’ils méritent, soit l’on a effectivement, aucune valeur ajoutée à leur proposer. Soit l’on est un « gros », et l’on bénéficie d’un diffuseur qui vous fait confiance, soit l’on n’a plus qu’à mettre la clé sous la porte, et conseiller à ses auteurs de se débrouiller seuls via l’autoédition.

Red’Active fait partie de ces « petits ». Aujourd’hui, et depuis les 10 mois de son existence, elle n’est personne. Aucun diffuseur ne lui fait suffisamment confiance pour la diffuser. Elle croule sous le travail, et ne peut pas assurer elle-même sa diffusion. Pourtant, il s’agit bien d’édition à compte d’éditeur. La rémunération s’effectue sur le travail d’écriture préalable puisque Red’Active est avant tout écrivain public, mais les frais d’impression, de référencement, et de diffusion sont entièrement à sa charge. Elle règle ses droits d’auteur rubis sur l’ongle, et explique bien à ses auteurs son manque de notoriété.

Je tiens donc à rendre hommage à la dizaine d’auteurs qui, aujourd’hui, me font confiance et crois dans ce que je fais.

Je vais sans doute changer un peu ma manière de procéder, mais je ne baisserai pas les bras parce que je crois dans ce que je fais. Si je ne suis pas en mesure de me prononcer sur mes qualités d’écrivain, et si je suis en mesure d’affirmer que mon travail éditorial est aujourd’hui loin d’être abouti, car il me manque encore des années d’expérience, j’affirme que je crois profondément en la parole de mes auteurs, et en la profondeur et la beauté du message qu’ils ont à transmettre. Alors je me battrai, avec mes propres petits moyens, en espérant chaque jour qu’un diffuseur m’accorde sa confiance pour que les messages que je cherche à porter obtiennent un jour l’auditoire qu’ils méritent. Mes auteurs ont changé ma vie, à un moment où je ne croyais plus dans l’humanité : ils m’ont montré que l’on peut se relever de tout, que l’on peut encore accorder sa confiance, que la vie est belle et mérite d’être vécue, et que je pouvais faire du bien et apporter ma modeste pierre à l’édifice…